Laurent Durrey PEINTRE
On associe aisément Laurent Durrey à la ligne des nouveaux réalistes, tel l’héritier naturel de César, Yves Klein, Niki de Saint Phalle ou Marcel Duchamp. Cet artiste bordelais qui expose aussi, et entre autres, à Paris, parcourt le monde en quête d’affiches à déchirer et lacérer dont les morceaux composent ses tableaux. Créateur à partir de l’existant, il se situe dans une mouvance urbaine totalement contemporaine.
« L’arrache », une transgression de l’interdit.
Jacques Villegle et Raymond Hains sont les chefs de file des affichistes, Art issu du choas urbain né en 1947. Et Catherine Millet de préciser : « Les tableaux d’affiches fonctionnent comme une caméra ». Ce mouvement apparait alors comme un générateur de fantasmes aux yeux de Laurent Durrey dont les toiles ont souvent comme sujet principal la femme, Pin-up polissonne et sensuelle. Catherine Francblin explique d’autre part que pour Jacques Villegle « La lacération est un NON ! » « Un non adressé à la forme subtile de pouvoir tapie dans tout discours ».
« Au-delà de la toile, un membre de la famille ».
Pour Laurent Durrey chaque œuvre est unique, aboutie et même si une pièce de la série Bikini est devenue un poster vendu dans le monde entier, il conserve pour chaque tableau une tendresse, une affection quasi-filiale. D'ailleurs comme il l'explique, aucun tableau ne sort de son atelier sans qu'il en soit parfaitement satisfait. Une fois vendue, l'œuvre va "vivre sa vie" chez l'acheteur qui en devient le seul et unique propriétaire, car au delà du tableau, l'artiste devient conteur et livre l'histoire des morceaux d'affiches présents sur ses toiles. C'est même devenu un élément clé de sa démarche.
L'histoire du tableau
L'artiste, idéalement, ne veut pas d'un acheteur passif, il veut un récipiendaire de son processus créatif. Chaque arrachage est pris en photo, chaque moment de composition est consigné, archivé pour ensuite être transmis à qui de droit. Incollable sur son travail, il apporte cette touche de vécu, ce verni qui transporte l'amateur d'art de l'autre côté du miroir. Une démarche qu'il pense encore pouvoir affiner avec, notamment, l'apport de la vidéo.
L’achat : la reconnaissance du travail
Exposé à Paris de façon permanente à l’Espace Nollet et à Bordeaux à l’Atelier 18, Lauent Durrey est aussi présent lors d’évènements tels que l’Art Shopping au Carrousel du Louvre, l’Art Chartrons ou Evento. L’artiste veut se faire connaître du plus grand nombre et utilise diverses astuces pour se faire. Sur son site internet par exemple, il est possible de suivre l’évolution de son travail, une sorte de making on, un work in progress accessible sous forme de photos.