Yohan Burel PHOTOGRAPHIE









Yohan Burel
Né le 18 décembre 1989, Yohan Burel est un tout jeune photographe issu d'un BTS de photographie puis diplômé en 2011 de l'ETPA (Ecole Technique Privée de Photographie et de Multimédia) de Toulouse.
Développant des projets personnels, tels que la série "Nikéa" exposée à la Galerie NEXT, il crée en parallèle un studio de photo en plein cœur de Toulouse, le studio "Lucette", pour lequel il s'associe à d'autres photographes. Dans l'élaboration de sa série Nikéa, l'artiste a travaillé avec un décorateur qui a conçu chacun des objets grandeur nature selon ses plans. Avec ses créations, le photographe nous amène à nous interroger sur la société de consommation dans laquelle jusqu'au mobilier devient un produit de consommation courante :
"Nous vivons dans une société matérialiste et profondément consumériste. Fashion victimes, esclave de la mode, des tendances du marché et des produits dérivés, nous sommes tous formatés dans nos goûts jusque dans nos couleurs. Les mêmes designers nous programment, des choix de nos vêtements à ce que nous mettons dans nos assiettes jusqu'à l'intérieur de nos habitations... Par hordes entières nous déambulons de marque ne marque le long des étales de la grande distribution. Nous avons évacué de nos intérieurs ce qui pouvait, hier encore, exprimer nos différences, notre personnalité, pour nous fournir tous aux mêmes adresses. L'uniformisation branchée devient le maître mot. Gare à celui, pauvre ringard, qui tente d'y échapper!"
"Un clin d’œil mis en scène", in Fuel Paper, octobre 2011
A la première lecture de ces visuels, on imagine un photographe empreint d’une volonté contestataire qui souhaite révéler la société profondément matérialiste et consumériste dans laquelle il vit. Pourtant Yohan Burel n’a pas voulu joué les bons samaritains et pousser un coup de gueule face aux tendances du marché. Révélation.
Ses photos surprennent, étonnent, font sourire. Seule la cigarette géante n’a pas pu trouver sa place dans nos pages pour raison légale. Pourtant l’accessoirisation et le côté moderne donnés à cette cigarette sont mis en exergue comme pour mieux en révéler son côté addictif. On sent une profonde ironie dans chacun de ces clichés. Et pourtant Yohan Burel a juste voulu mettre en scène un constat : celui d’une société aseptisée par la mode et ses couleurs.
Sans aucune volonté de s’en prendre à un phénomène de mode, Yohan Burel s’est entouré d’un décorateur pour réaliser cette série de photos un brin amusante et décalée. « J’ai souhaité mettre en scène avec Thomas Dufraisse cette hyperconsommation dans laquelle nous vivons. Même le mobilier de la maison devient consommable à sa façon ! », explique le photographe qui s’est entouré pour l’occasion de « gens dont ce n’est pas le métier de poser, des gens ordinaires finalement. » Avoir leur regard était capital pour donner un sens à la photo.
Au total, pour réaliser cette série de photos intitulées Nikéa, il aura fallu une année pratiquement. « On a shooté un objet toutes les deux semaines grosso modo », confirme celui qui, après un bac scientifique, s’est totalement investi dans l’univers de la photo. Un BTS photo en poche avec une 3ème année couronnant la pratique, le jeune homme ouvrira en décembre prochain avec 5 autres photographes un studio dans un entrepôt. « Le studio Lucette réunira plusieurs spécialistes de la photo dans les univers de la mode, décoration et des portraits. »
Passionné par l’univers artistique depuis le début de sa scolarité, il reconnaît s’être laissé séduire par le graphisme. « Je faisais beaucoup de théâtre au lycée, c’est ce qui m’a orienté vers les arts plastiques. Puis la photo » raconte celui qui fut, enfant, sensibilisé à l’image par des parents qui avaient su voir en lui tout le talent que possède le jeune homme. « Mes parents voyageaient beaucoup. Du coup, je faisais les photos souvenirs. J’adorais ça, les paysages. C’est peut-être pour cela que je souhaite à terme me spécialiser dans la photo de mise en scène. »
En attendant, son expérience propose un clin d’œil astucieux et malin sur des objets que l’on possède tous à la maison. Chacun étant valorisé et qui s’uniformise dans l’ensemble de la société. « Des choix de nos vêtements à ce que nous mettons dans nos assiettes jusqu’à l'intérieur de nos habitations... Tout devient consommable. Par hordes entières, nous déambulons, de marque en marque, le long des étals de la grande distribution. L’uniformisation branchée devient le maître mot. » Gare à celui qui tente d’y échapper! Au risque peut être de passer pour un pauvre ringard ?